Dimanche 23, vers minuit
Comme à chaque étape qu’elle a franchit, Ségolène Royal renforce nos espoirs. Ce grand mouvement démocratique qui s’est mis en marche et qui ne cesse de grandir, c’est bien Ségolène Royal qui l’a permis, comprenant les attentes des Français.
Et si jusque là il n’était pas toujours opportun ou forcément bienvenu de souligner que l’Elue du Parti Socialiste est une femme, aujourd’hui il est bien de le rappeler et d’expliquer ce que ça apporte en plus.
Aujourd’hui, parce qu’aujourd’hui, Ségolène Royal a prouvé, et il le fallait pour qu’on ne croit pas qu’elle serait élue parce que c’est une femme d’abord, mais bien pour ses compétences et son expérience.
Mais d’être une femme, c’est justement ce qui va faire toute la différence dans les 15 jours qui viennent.
Elire une femme Présidente en France c’est aller dans le sens d’un meilleur équilibre et donc de la satisfaction de tous ; c’est ainsi que la France rayonnera mieux dans le monde, si elle valorise des valeurs d’équité (entre hommes et femmes, salariés et patrons, riches et pauvres, développés et sous développés…).
Il n’y a que 11 femmes chefs d’Etat sur les 191 pays membres de l’ONU : c’est dommage ; tout le monde gagnerait à ce que l’on tende vers un équilibre, pour un meilleur fonctionnement de notre planète terre. (Tarja Halonen, Présidente en Finlande, rappelait l’impact du poids des femmes pour une politique internationale plus équitable).
On dit que parmi les qualités dites « féminines », on retrouve notamment une tendance pour la recherche du consensus et une aisance à travailler en réseau. Ségolène a prouvé clairement dans sa campagne participative qu’elle dispose de ces qualités. Mais qu’elle sait aussi se battre, faire face, décider, assumer et réussir.
Et elle assume sa féminité comme elle l’a si bien redit sur France Inter à la veille du 1er tour.
C’est beaucoup de forces dans une société en crise.
Alors aujourd’hui qu’elle a largement prouvé qu’elle a la stature d’un chef d’Etat, réalisons pourquoi ce serait un évènement historique que ce soit une femme élue Présidente en France.
C’est aux femmes de prendre la parole, et aussi à tous les hommes, et nous nous réjouissons qu’ils soient de plus en plus nombreux, qui ont compris l’enjeu de tendre vers cet équilibre.
Parce que la révolte des femmes est plus forte dans le monde, cette force justement est de nature à faire vraiment bouger les choses, d’apporter du changement.
En France, le mouvement féministe qui a tant apporté dans la recherche de plus d’équité, c’est un peu endormi. Beaucoup de femmes de mon âge (je suis née en 1964), sont arrivées dans un monde où d’énormes changements venaient d’être acquis en leur faveur (contraception, accès à toutes les formations et toujours plus de métiers…) : il n’y avait pas trop de raisons de poursuivre une mobilisation si active, il convenait de prendre possession de ces nouveaux droits, et la mesure des avancées, comme des étapes restant à parcourir (dans nos vies conjugales, familiales, professionnelles, politiques…), pour plus d’équité, on le sait toutes.
Et Ségolène Royal ne peut que faire mieux que Nicolas Sarkosy dans ce registre si transversal. On retrouve cette dimension dans tous les piliers de son pacte présidentiel (Education, pouvoir d’achat, Emploi-Economie, Santé, Institutions et International…).
La France a besoin d’Innover pour se relever : c’est une innovation de taille que d’élire une femme Présidente !
Pour préciser ma pensée sur l’enjeu d’élire une femme Présidente en France, j’invite à lire 2 ouvrages très accessibles pour tous :
- « Colère à 2 voix, ou le laminage des talents dans les organisations » co-écrit par Gabrielle Roland et Hervé Sérieyx. Cet ouvrage explique très bien, notamment, les bénéfices d’un meilleur équilibre Hommes / Femmes dans les organisations.
- « Ainsi soit-elle », de Benoîte Groult, qui témoigne, avec Humour et gravité, du chemin parcouru et des étapes qu’il convient de franchir encore, vers plus d’égalité, à partir de l’égalité Hommes / Femmes.
Ségolène Royal a su écouter, croiser les enseignements et construire un projet de manière à ce que tout se tienne, dans un projet global cohérent.
Et « tout se tient » effectivement dans son pacte présidentiel (7 piliers en 100 mesures, cf site www.desirsdavenir.org)
La vague qui s’est formée continue de grandir, calmement mais sûrement, c’est un raz de marée pacifique qui se prépare : le changement mais sans violence, sans brutalité.
Sophie Chrétien
Commentaires